Le Livre du Bonheur

LE LIVRE DU BONHEUR (1582)

DE MOHAMED IBN EMIR HASAN AL-SU'UDI.


Lors de la seconde moitié du XVIe siècle, l’Empire ottoman était le plus vaste et le plus puissant : ses possessions s’étendaient depuis Budapest jusqu’à Bagdad, d’Oman et Tunis jusqu’à La Mecque et Médine, près de la mer Rouge; il comprenait les villes de l’importance de Damas, d’Alexandrie ou du Caire. Les Turcs se trouvaient aux portes de Vienne et contrôlaient la route de soie, la mer Noire et la moitié orientale de la Méditerranée. Le sultan, avec sa cour et son harem, gouvernait l’empire depuis Constantinople, où des architectes, des peintres, des calligraphes, des orfèvres, des céramistes, des poètes, etc…, œuvraient à son service. Des sultans comme Soliman 1er le Magnifique ou bien son petit-fils Mourad III, cultivés et sybarites, devinrent les grands mécènes de l’art et les responsables du développement spectaculaire des ateliers du Sérail, qui inventèrent un art proprement ottoman qui se déprit de l’influence perse toujours présente au XVe siècle.

Le XVIe siècle et le début du XVIIe représentent une période très féconde pour la peinture turque ottomane, et l’époque de Mourad III (1574-1595) fut particulièrement fertile en chefs-d’œuvre come le Livre du Bonheur de Mohamed ibn Emir Hasan al-Su’udi.

Commandé par le sultan lui-même (dont le portrait apparait sur le folio ci-dessous), il comprend la description des douze signes du zodiaque, laquelle est accompagnée des splendides enluminures; des prévisions concernant les différentes situations de l’être humain en fonction de la conjonction des planètes, des tables de concordances physionomiques. Des tables permettant l’interprétation exacte des rêves et un long chapitre sur la divination grâce auquel chacun peut prévoir son destin.

Aussi bien les enluminures que les textes du Livre du Bonheur puisent dans une grande variété de sources : le Coran, Les Milles et Une nuits, Shâh Namêh, Le Livre des Merveilles de Marco Polo, Les Livres des nativités d’Albumasar, Ikhtilaj Namêh ou Livres des Spasmes, etc. Cependant, il existe une grande prévalence de l’Iskender Namêh ou Vie d’Alexandre Le Grand, un héros qui a influencé considérablement la littérature arabe, perse et turque.

Toutes les peintures semblent avoir été réalisées dans le même atelier, sous la direction du célèbre maître Ustad ‘Osman, actif entre 1559 et 1596.

Le sultan Mourad III fut entièrement absorbé par l’intensité de la vie politique, culturelle et sentimentale du harem. Il eut 108 progénitures, dont 47 lui survécurent. Cependant, Mourad III, dont l’admiration pour les manuscrits enluminés surpassa celle de tout autre sultan, commanda ce traité du bonheur tout spécialement pour sa fille Fatima.

Rapporté du Caire à Paris par Gaspar Monge (1746-1818), géomètre et compte de Péluse, le Livre du Bonheur fut déposé à la Bibliothèque Nationale de France au nom de Napoléon Bonaparte.


LIVRE DU BONHEUR:

​• 1er Extrait: 

2è Extrait: